S’il est facile, sur le papier, de gérer l’organisation d’un tournage sur un retroplanning donné, il est souvent plus compliqué de prévoir à la journée près le processus de post-production. Par ce terme particulier de post-production, il est question de tout ce qui se passe après le tournage. Dans tous les cas, même quand il n’y a pas de séquence tournée (un film d’archives ou un produit entièrement en animation ou en motion design par exemple) on parle de post-production une fois entamée la phase de préparation au montage. Cette phase peut aussi être complétée / suivie des processus de post-productions suivants :

  • La conception graphique / Le motion design
  • La composition musicale
  • L’enregistrement de Voix Off
  • Le montage son
  • Le mixage son
  • L’étalonnage
  • Le sous-titrage

Quelles que soient les étapes de post-productions employées, elles s’achèvent toutes par un export du rendu final.

De toutes ces phases, celle qui nous intéresse le plus ici est celle de la conception graphique. Du motion design et de l’animation. Son but : créer artificiellement des images de toutes pièces. Du simple ajout d’un logo animé au plan séquence complexe de trente secondes en 3D, il doit concevoir pixel par pixel les images qui sortent d’un imaginaire propre au client, au prestataire et au graphiste.

La durée nécessaire pour exécuter cela dépend évidemment de la complexité de la demande, de sa durée dans le montage final, mais aussi de la rapidité des retours entre les différents partis. Là où modifier un agencement de plan dans un montage peut prendre quelques minutes, la modification d’un plan graphique peut rapidement prendre plusieurs heures, ne serait-ce qu’en temps de calcul et de rendu. Pour une correction imprévue, les délais de livraison sont démultipliés et, bien souvent, les infographistes finissent leur travail en phase d’urgence, dans des litres de sueur et de café.

Un projet simple de compositing sur le logiciel After Effects.

Avoir recours aux talents de ces spécialistes de la création informatique est gage d’une vidéo d’excellente facture, intéressante et dynamique. Mais il est très important de ne pas oublier dans l’impatience du résultat final que, contrairement à la réalisation de vidéos plus classiques, la création et la modification de tel ou tel plan ne peut donc se faire en un claquement de doigts.

Pour limiter les dépassements de temps, chaque demande de création ou de modification doit être sûre, réfléchie, et précise. Il faut également que les demandes préliminaires ne changent pas en cours de route et que les attentes exigées soient claires pour le réalisateur, l’infographiste et le client. Du côté de ce dernier, il faut pour cela apprendre à grouper des avis mesurés tout en restant cohérent par rapport à la demande initiale. Du côté du prestataire, il s’agit de faire valider les différentes étapes de travail au fur et à mesure, sous une forme de Work In Progress, ne serait-ce que pour valider la direction artistique et la mise en scène pas à pas.

Et dans ces cas seulement le planning pourra être envisagé et maintenu sans trop subir de délais imprévus.

Pour nos épisodes Cyber Vox, il faut compter trois gros mois de travail, dont deux bons tiers sont rattachés aux graphismes.

Bien sûr, des facteurs plus malencontreux peuvent modifier la timeline du processus de création. Pertes de données, bugs ou crash des machines, difficulté particulière sur un élément prévu pour être simple… les complications potentielles sont nombreuses. Souvent la problématique n’est d’ailleurs pas issue d’une mauvaise estimation temporelle mais simplement d’un mauvais calcul de la quantité de travail à effectuer. Qu’il vienne du client, du prestataire ou du graphiste, en soit peu importe. Il est surtout important, dans ce genre de cas, de poser très vite les différents constats possibles :

  • Soit il est question de rallonger les finances initialement prévues afin de permettre au travail du graphiste de s’exprimer pleinement et d’atteindre son meilleur potentiel.
  • Soit il est question d’amoindrir la charge de travail en retirant des séquences ou en amoindrissant les velléités de certaines parties complexes.
Le film Sonic a complètement changé le look de son personnage principal face aux critiques des futurs spectateurs, ajoutant plus de trois mois de travail à toutes les équipes de post-production. Cela a provoqué d’énormes coûts supplémentaires mais a permis sans conteste de sauver ses entrées au box office.

Comme dans tout procédé, le maitre mot, la clé de la réussite, c’est la communication. Il n’y a rien de honteux pour un client à ne pas connaître l’étendue de ses demandes comme il est fréquent du côté du prestataire d’imaginer réussir quelque chose facilement avant que des complications ne débarquent. En parler sereinement et en toute transparence, tout en prenant les précautions nécessaires – en prenant bien soin de valider chaque étape – permettra d’éviter au mieux tout écueil ou, dans le pire des cas, de se serrer les coudes ensemble plutôt que de s’accuser mutuellement.

Comme pour toute création artistique, on peut toujours faire mieux et y passer des années avant d’approcher les intentions premières. Le tout étant de savoir placer le curseur au bon endroit – en tenant compte des critères financiers, artistiques et temporels – pour être fier de sa création et pouvoir ainsi la partager avec plaisir au plus grand nombre.

Image de couverture : Pexels / Image After Effects : Raphaëlle Douchet via Motion Array / Image Virus : Tribann Productions / Image Sonic : Paramount

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