Livre Blanc [extrait] : De l’intérêt d’avoir un Ingénieur du Son

Beaucoup de tournages institutionnels actuels se font en équipes réduites. Comprenez par-là « j’ai embauché un autoentrepreneur qui fait réalisateur / cadreur / ingénieur du son / monteur / graphiste ».
Et le point d’orgue : ‘’ En plus, il ne coûte pas cher !”

C’est certain : passer d’une équipe de cinq personnes à un homme-orchestre fait faire des économies; moins de charges sociales à payer, de défraiements, de gestion humaine : toutes les compétences sont centralisées en ce ‘’Technicus Perfectus Solitarium’’. Ce qui semble parfait en théorie, comporte de nombreuses lacunes en pratique car, s’il est vrai qu’une seule personne peut effectuer le travail des autres, le résultat de cette multi-compétence est très souvent moyenne, voir décevante. Une personne qui fait tous les métiers n’en fait aucun de manière excellente. Le travail peut être propre et efficace, il est pourtant forcément limité. Et dans le jeu des compétences nécessaires à tout film, celles du son font le plus souvent office de réprouvées.

Et pourtant, quand on interview une personnalité comme JP Chevènement, on se doit de bien l’enregistrer ! Il est ici notamment équipé par un micro-cravate. ©Tribann Productions / Guerre Fantôme

Les raisons sont simples : la plupart des cadreurs institutionnels savent utiliser les micros de bases nécessaires à toute interview et le client ne se pose pas forcément la question de savoir si le son pourrait être de bien meilleure qualité ou non. En même temps c’est un exercice très difficile et souvent mis de côté. L’image est là, limpide, devant les yeux. Il suffit de regarder pour trouver ça beau ou non. La question du sens de l’image est très largement écartée, mais au moins l’on peut juger facilement de sa qualité première. Pour le son, c’est beaucoup plus compliqué. Ce qu’on demande d’un son, c’est qu’il soit compréhensible. Mais on ne s’arrête pas sur ses détails qualitatifs. Est-ce que la voix est propre ? La tonalité respectée ? Le timbre attractif ? Quid du souffle qu’on entend en arrière-plan ?

Comment-ça « Quel souffle ? » ? Vous savez, ce son de neige télévisuelle, saturé, qui passe en arrière-plan de certaines voix. C’est du souffle. En général c’est un gage de prise de son ratée.

Alors certes, les défauts de ce genre d’éléments sont souvent noyés dans la musique New Age qui recouvre la quasi intégralité de votre vidéo. Mais ils sont bien présents et restent une gêne dont on ne retrouve pas la cause.

Mise en place des microphones pour une interview. ©Tribann Productions / Guerre Fantôme

Tout l’intérêt d’avoir un ingénieur du son dans une équipe, c’est justement de pouvoir canaliser tous les impératifs des prises de sons nécessaires à votre vidéo. Que ce soit des interviews, des sons de foules ou d’applaudissement, des ambiances de votre cocktail … Il choisira le bon micro, le bon axe d’enregistrement, pourra éviter au tournage de filmer vos questions réponses devant de gros ordinateurs aux ventilateurs bruyants ou à côté de la tuyauterie omniprésente.

Sur site, les ingénieurs du son se voient être les plus contraints aux aléas des lieux, (sous un couloir aérien, à côté d’une autoroute …) car c’est une fois encore l’image que l’on met en avant. Dans ces situations, le professionnel du son pourra au moins en limiter les effets perturbateurs au maximum, là où un cadreur multifonction n’aura pas eu le temps de se rendre compte de la gêne sonore occasionnée.

Concernant vos interviews, c’est également la personne la plus à même de vous guider, de corriger vos hésitations ou vos erreurs de diction en les soulignant, pour refaire telle ou telle prise de la meilleure façon qui soit, là où, une fois encore, un technicien gérant la lumière, le cadre, le son et les questions en même temps, ne pourrait être totalement attentif à toutes les erreurs d’élocution et n’en a tout simplement pas la formation.

Ce sont pour toutes ces raisons que l’ajout d’un ingénieur totalement dédié à la captation sonore fera que votre vidéo ne sera pas juste ‘’diffusable’’, mais sera professionnelle, aboutie et d’une facture largement supérieure.

Petit exercice : saurez-vous retrouver les deux micros qui se trouvent sur cette image ? ©Tribann Productions / David Gendreau

Le coût de l’affaire ? En moyenne, un ingénieur du son institutionnel un peu équipé est payé autour de 250€ la journée. Ce qui, en comptant les charges sociales et patronales, les frais comptables, le défraiement des transports et du déjeuner, revient aux alentours de 500€ la journée.

Une somme en plus, certes, mais qui sera dépensée pour augmenter significativement la qualité du résultat, améliorer les conditions de tournage pour l’équipe et obtenir une qualité sonore exemplaire avec la certitude que votre audience se trouve dans les meilleures conditions de visionnage possible.

Photo de couverture par Free To Use Sounds on Unsplash

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