Tribune – La verbicrucistation de la production

Il est de ces domaines – comme l’aiguillage aérien, la préparation d’un bloc opératoire – ou la majorité des boss de Dark Souls, qui nécessitent non seulement un travail méticuleux et rigoureux, mais également une patience à toute épreuve et une gestion du stress parfaitement maitrisée.

La Production, certes dans une moindre mesure, apparaît cependant comme un candidat potentiel à ces métiers très prisés du club de l’Ulcère Précoce (L’UP pour les intimes).

Mais pourquoi, les producteurs entrent-ils dans ce club ? Est-ce si perturbant de passer ses week-ends à enchaîner cigares, whiskys et parties de bridges endiablées ?

Dans une immense majorité des cas la production n’est pas ce milieu du luxe, de la débauche, du plaisir sans fin et des mallettes d’argent. Même un peu. Non. Je te le jure. Crois-moi.

Loin de l’homme d’âge mur en trois-pièces italien, le producteur est surtout quelqu’un qui range des dossiers (en fait, il y a plein d’autres choses que l’on fait, mais concentrons-nous là-dessus aujourd’hui). Par dossier, entendez bien administration (URSSAF, CCI, TGI…), mais aussi (liste non exhaustive) : la comptabilité, la finance, les comptes de production, le budget, les salaires, les factures, les assurances, les banques, les devis, les notes de frais, les plannings, les rapports, les dossiers de présentation, les archives, les mails, les courriers, les KBIs et son dossier Steam.

Evidemment, chacune des catégories citées précédemment possèdent plusieurs sous-dossiers, eux aussi à ranger, classer, bichonner.

Mais ne sombrons pas nous même dans un cliché ; certes, la gestion d’une quantité de paperasse équivalente à la déforestation d’un quart de l’Amazonie est une tâche longue et compliquée, mais elle n’a pas pour but de nous faire perdre du temps, bien au contraire : la rigueur d’un archivage régulier est gage de temps gagné par la suite. Cela me rappelle étrangement les sermons de ma mère sur l’état de ma piaule…

Cette accumulation de formulaires A38, et son classement plus que compliqué dans une armoire à 6€50 à fabriquer soi-même (avec seulement la moitié des pièces), ressemble à si méprendre à un des  mots croisés du canard enchaîné (ça y est, le lien avec le titre est effectué !)

Par étagère horizontale, et armoire verticale, on fait coïncider en rangée F le dossier qui a pour définition : ‘’ Système Informatique pour le Répertoire des Entreprises sur le Territoire’’, et en rangée 1 : ’’Rapport de trente-quatre pages expliquant point par point les rôles et devoir de chacun des dirigeants’’.  (Pour info, les bonnes réponses sont SIRET et Statuts)

Et comme pour tous mots croisés, ces formulaires qui semblent aléatoires et n’avoir aucun lien entre eux, finissent, lorsqu’ils sont organisés harmonieusement, en un tout compréhensible. Il est facile de rire de ces bourreaux de l’administration et de ceux qui s’arrachent les cheveux à tenter de les comprendre (je suis chauve, je n’ai donc plus d’intérêt à faire les papiers). Cette malédiction de la bureaucratie, vue bien trop souvent comme une allégorie de tout ce qui ne va pas dans notre système, doit être au contraire, perçue comme un garde-fou indispensable au bon fonctionnement des industries.

Mais cela reste compliqué. Beaucoup trop. De nombreux moyens permettraient de faciliter l’accès aux différents documents légaux et même d’en supprimer quelques-uns ; cette multiplication de dossiers décourage de nombreuses personnes de se lancer à l’assaut de la chambre du commerce la plus proche. L’informatisation des accès aux formulaires et la centralisation de plusieurs administrations ont déjà changé la donne. Mais cela n’est pas encore suffisant.

En attendant ce jour béni du Formulaire Unique de Création, chez nous, à Tribann, on pense déjà à acheter une autre étagère.

* Attention « verbicrusistation » n’existe pas !

Une tribune signée Kévin Royant

Et si vous avez une subite envie de mots croisés, sachez que l’image du départ n’est pas qu’une image ! Kévin vous a concocté une petite grille rien que pour vous !

1 : Le truc qu’on fait de manière générale à Tribann.
2 : Fonctionnaire Grec ayant remli ses missions.
3 : Petit Fleuve Breton. Infection désagréable de l’oreille
4 : Telle la bureaucratie française, elles ont plusieurs couches.
5 : Raid de Google à notre encontre. Non. Armée pacifique littéraire.
6 : Activités inconnues de vos serviteurs.
7 : Un studio d’animation appelé GoHands s’y trouve.
8 : S’il n’a pas été livré, il devra repasser. Possession interne.
9 : On s’en rappelle tristement le jour de l’anniversaire d’Antoine Barbaroux.
10 : Conditionnel présent du verbe épeler à la première personne du pluriel.

A : Humain resistant aux demandes de dossiers rejetées.
B : Petit résumé. Utile en tout temps et en tout lieu.
C : A défaut d’en avoir en lingots, on en a plein le coeur. Bonheur mensuel particulièrement fugace.
D : Nous met la pression (c’est aussi dix personnes qui s’appellent Pascal dans la même pièce). Nous sommes de toute évidence en accord. Club n’ayant rien gagné depuis longtemps.
E : Unité centrale ou fesse à l’envers, au choix. Tronche Patoise
F : Besoin lors de différents tournage simultanés. Etrangement ce n’est pas la Hongrie mais la Croatie…
G : On la perd parfois au fin fond d’un devis récursif à tiroirs. Tribann romain.
H : Femme profesionnelle de la suture. Jeu de société mais virtuel, seul, dans sa chambre, la nuit.
I : Carte Pro. Joueur ne méritant pas sa place.
J : Celui du probleme est souvent coupé avec nous. Temps universel en français.

Et pour y jouer plus facilement, le voici à télécharger en version Excel !

Mots Croisés Tribann

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