ITW Métier – David Gendreau – Réalisateur

– David, est-ce que tu peux te présenter en quelques lignes ?

Alors à l’origine j’ai un parcours classique de cadreur : diplômé à 3IS en tant qu’opérateur de prise de vue (la même promotion qu’Arnaud Thorel), j’ai pendant plusieurs années été cadreur/monteur en institutionnel et en télé. Ayant toujours voulu faire de la réalisation je me suis lancé avec Alexandre Leraître dans le documentaire Guerre fantôme : la vente d’Alstom à General Electric (52mn), diffusé en septembre 2017 sur LCP. Suite à cela j’ai créé avec Alexandre Leraître Média Géo Stratégie (MGS), une structure au sein de laquelle nous réalisons des vidéos.

– Peux-tu nous présenter MGS ?

Média Géo Stratégie est né suite à la réalisation de Guerre fantôme. Des gens ayant vu le film souhaitaient faire des vidéos courtes, pédagogiques et impactantes sur des sujets spécifiques : intelligence économique, géopolitique, cybersécurité etc. Nous avons donc monté avec Alexandre Leraître cette structure qui est une activité de Tribann Productions. La spécificité de MGS réside dans le fait que nous travaillons les sujets sur le fond. Si quelqu’un nous demande de faire une vidéo, nous prévoyons du temps de documentation avant de proposer une approche visuelle et narrative pertinente. Cela est dût à notre expérience de documentariste et au parcours universitaire d’Alexandre Leraître sur ces sujets-là.

– Comment a été conçu Guerre Fantôme ?

L’idée est née en septembre 2015 avec Alexandre Leraître suite à la lecture d’ouvrages et de rapports sur l’affaire Alstom. Nous nous sommes lancés dans la réalisation de ce documentaire durant deux ans, sur fonds propres et sans aucune chaîne derrière nous. Nous étions accompagnés d’Along Production, l’ancienne boite d’Arnaud Thorel et Antoine Barbaroux. Ça a été deux ans d’investissement pour toute l’équipe, près d’une quinzaine de personnes. Nous n’étions pas sûrs que le film se vende une fois fini, nous pensions le mettre sur Internet et perdre tout l’argent dépensé.
Il a finalement été pris par LCP, il a déclenché une Commission d’enquête à l’Assemblée nationale et a été acheté à l’étranger. Jamais nous n’aurions imaginé ces débouchés.

– Quelle expérience, quelle leçon tu as tiré de ce documentaire ?

Lorsque vous tenez absolument à faire quelque chose, faites-le. Ça paraît simple dit comme cela, mais on a parfois tendance à trop attendre de l’aide pour se lancer.

– C’est quoi les projets à venir ?

Nous essayons toujours de monter des projets documentaires, mais cela prend du temps. A côté de cela, nous réalisons des vidéos au sein de MGS, notamment la web-série Cyber Vox de la société de cybersécurité Holiseum, qui est passionnante à réaliser ! Le dernier épisode sur le virus Stuxnet a demandé pas mal de travail mais nous sommes fiers du résultat.

– Comment on passe de Guerre Fantôme à Stuxnet ?

Stuxnet est à l’origine une commande d’un client, Holiseum, pour sa websérie Cyber Vox. Sur ce petit format (4mn), je pense qu’avec Alexandre nous avons poussé plus loin le style de réalisation que nous avions élaboré sur Guerre fantôme. Nous avons combiné en quatre minutes plusieurs styles différents : dessins animés, animation de journaux en 2D, prise de vue réelle, de la 3D avec une ambiance très cyber etc. En essayant que ce soit le plus digeste possible.
Ensuite, sur le fond, nous nous sommes réellement documentés sur le sujet. Nous avons lu des dossiers, des articles et décortiqué les rapports des sociétés d’antivirus qui ont analysés Stuxnet.
Il y a un vrai travail de recherche et c’est notre marque de fabrique : traiter de manière intéressante et percutante des sujets complexes. Cela demande un gros travail d’absorption des connaissances puis de tri. Il faut souvent convaincre le client qu’il faudra jeter des choses pour que le spectateur retienne l’essentiel !

– C’est quoi pour toi l’importance des vidéos animées ?

Les vidéos d’animation sont un bon outil pour rendre accessible des sujets compliqués, et cela permet de s’éclater visuellement. Mais c’est un outil, et ce n’est qu’un outil. Il convient de l’utiliser à bon escient. De plus « l’animation » est un terme large, parle-t-on de dessins animés ? De 3D complexe ? De simples animations 2D, par exemple de schémas ? D’animations par-dessus des prises de vue réelles ? Il convient surtout de choisir les bons outils pour le message que nous voulons faire passer. Car oui, l’animation c’est chouette, mais cela peut aussi vite devenir totalement indigeste. Trop de possibilités peuvent parfois faire perdre le sens de la mesure et ruiner le message et l’émotion que l’on souhaite faire passer.
C’est surtout un outil que nous aimons car il nous permet de créer des images qui peuvent parfois évoquer les films, les BD ou les jeux vidéos qui nous ont marqués.

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